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ENSEIGNEMENT SUPERIEUR: La prime à la médiocrité

Au lieu de s’inscrire dans une logique de performance en encourageant les professeurs de l’enseignement supérieur à participer au concours d’agrégation du Conseil africain et malgache pour l’enseignement supérieur (Cames), le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Me Mountaga Tall, s’évertue à dire que les nôtres nommés sont « d’égale facture » que ceux qui ont opté pour le système de compétition. Une prime à la médiocrité.

Dans un contexte de mondialisation et de globalisation, l’excellence est la chose la mieux partagée et doit conduire et inspirer les actions de tous les jours de toute autorité soucieuse de l’avenir et du devenir de l’enseignement supérieur. Mais apparemment, tel ne semble pas être le cas du ministre en charge de ce secteur au Mali.
Me Mountaga Tall a surpris plus d’un le lundi 24 novembre au lancement de la 8e session ordinaire de la Commission nationale d’établissement des listes d’aptitude (CNELA) en annonçant que les professeurs proposés par cette Commission et confirmés par décret présidentiel « sont d’égale facture » que leurs collègues qui sont passés par voie de concours d’agrégation organisé par le Conseil africain et malgache pour l’enseignement supérieur (Cames).
Que non M. le ministre ! Le Cames est un système de compétition africaine regroupant les professeurs de l’enseignement supérieur pour l’obtention du précieux sésame d’agrégation. Le concours du Cames est un véritable baromètre pour jauger du niveau de connaissance de chaque candidat.
Il permet aux compétiteurs de se mesurer les uns aux autres et de se faire une idée de leur connaissance réelle avec d’autres camarades d’Afrique et Madagascar. Par contre au Mali, cet avancement des professeurs de l’enseignement supérieur ne se fait pas par voie de concours mais comme indiqué plus haut par voie de proposition suivie de nomination. De ce point de vue, ce concours est strictement national et nos professeurs de l’enseignement supérieur triés sur le volet ne se frottent pas à leurs homologues d’autres pays à fortiori de savoir que vaut réellement leur niveau.
Leur compétence n’est reconnue qu’au plan strictement national. Or, un professeur du Cames a une compétence universellement reconnue à l’opposé d’un professeur nommé par voie nationale qui n’a aucune place à l’international. Le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique ne devrait pas tomber dans un tel amalgame. A vrai dire, le concours d’agrégation du Cames est méticuleux, sérieux et met en compétition les enseignants des pays africains (19 au total).

Leurre
La déclaration du ministre Mountaga Tall mettant sur un pied d’égalité les professeurs nommés par voie nationale est suicidaire pour l’enseignement supérieur au Mali. Comme conséquence fâcheuse, le ministre de l’Enseignement supérieur donne l’impression de décourager les professeurs maliens à faire le concours d’agrégation du Cames, si tant est que, comme il l’a dit, « ils sont d’égale facture que leurs collègues professeurs du Cames ».
Manifestement, Me Tall encourage et cultive la médiocrité dans les rangs des professeurs de l’enseignement supérieur au Mali. Il devrait plutôt les encourager à aller de l’avant en se « frottant » à d’autres de la région en participant au concours d’agrégation du Cames et non de croiser les bras et faire la flagornerie sans aucune publication à leur actif.
De plus en plus, certains pays comme le Sénégal ont supprimé le système d’avancement des professeurs de l’enseignement supérieur par la voie nationale. Ils doivent obligatoirement se soumettre au concours du Cames pour se faire valoir. Le ministre Tall devrait s’inscrire dans cette logique de performance et non de semer les graines de la paresse intéllectuelle et de la médiocrité qui impactent négativement la qualité de notre enseignement supérieur.
Que le ministre de l’Enseignement supérieur n’ignore pas cependant que la Faculté de médecine a présenté cette année au concours d’agrégation 12 professeurs sur lesquels 10 ont été admis. Quel est ce Malien qui n’était pas fier de ce résultat ? Mieux, sur les 10 professeurs certains avaient été déjà nommés par voie nationale mais d’autres comme Dr. Kamaté ont récusé ce mode de sélection et ont accepté de se remettre en cause en participant au concours d’agrégation du Cames.
Comme quoi, les professeurs du Cames et ceux qui sont proposés par voie nationale ne sont pas « d’égale facture ». A la seule condition de vouloir se leurrer et de rendre nos professeurs partisans de moindre effort.

Mohamed Daou

Source: www.lesechos.ml

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